
En France, un règlement spécifique encadre les compléments alimentaires depuis 2006. Le texte les définit comme des denrées alimentaires ayant un effet nutritionnel ou physiologique, présentées sous forme de gélules, pastilles, comprimés, ampoules, capsules, tisanes ou solutions buvables. Ces produits se situent donc à mi-chemin entre l’aliment classique et le médicament, mais restent vendus sans ordonnance, à condition de respecter la réglementation en vigueur.
La plupart des compléments alimentaires sont composés de nutriments que l’on retrouve déjà dans l’alimentation quotidienne, comme les vitamines et les minéraux. Ils peuvent également contenir des extraits de plantes, des protéines, des acides gras ou des antioxydants. Contrairement aux médicaments, ils ne visent pas à traiter une maladie précise mais plutôt à soutenir le bien-être, la vitalité ou l’apparence des cheveux, des ongles et de la peau, ou encore à accompagner une démarche de contrôle du poids.
Ces produits obéissent à des règles strictes. Une liste d’ingrédients autorisés sert de référence aux fabricants. Lorsqu’une entreprise souhaite utiliser une substance qui n’y figure pas, elle doit déposer un dossier auprès de la DGCCRF. En l’absence d’objection dans un délai donné, le produit peut être mis sur le marché. Au bout de douze mois, s’il n’y a pas de signalement particulier, sa commercialisation se poursuit. En pratique, un complément alimentaire peut donc associer de nombreux ingrédients différents, tant que leur emploi ne présente pas de risque identifié pour la santé des consommateurs.
Évaluer l’efficacité réelle d’un complément alimentaire reste délicat. Les fabricants ne sont pas toujours tenus de fournir les mêmes preuves cliniques que pour un médicament, et peu d’études rigoureuses existent pour chaque produit commercialisé. Il en résulte une offre très hétérogène, où coexistent des compléments potentiellement utiles dans certaines situations et d’autres dont l’effet reste limité, voire nul, au regard des données disponibles.
Les avis des professionnels de santé sont donc souvent partagés. Certains considèrent que quelques compléments bien ciblés peuvent répondre à des besoins précis, par exemple en cas de carence avérée ou à certaines périodes de la vie. D’autres soulignent le manque de preuves solides pour une grande partie des produits amaigrissants, « détox », anti-âge ou destinés à la performance. Cette diversité d’opinions entretient un doute légitime chez le consommateur, qui peut avoir du mal à s’y retrouver.
L’étiquetage joue un rôle central dans le choix d’un complément alimentaire. Il doit permettre d’identifier clairement le produit, la liste complète de ses ingrédients, la quantité de nutriments apportée par dose, les conditions d’utilisation, la durée conseillée de la cure et les précautions d’emploi éventuelles. Ces mentions constituent une première base pour juger de la transparence du fabricant et vérifier que le produit est adapté à sa situation personnelle.
Cependant, le simple fait de disposer d’une étiquette complète ne garantit pas l’efficacité du complément. Certains produits seront jugés très utiles par certains utilisateurs, tandis que d’autres ne ressentiront aucun bénéfice. Avant de commencer une cure, il reste prudent de comparer plusieurs références, de se renseigner sur la composition réelle et, en cas de doute ou de traitement médical en cours, de demander l’avis d’un professionnel de santé. Les compléments alimentaires peuvent être un soutien ponctuel, mais ils ne remplacent ni une alimentation équilibrée ni un suivi médical adapté.